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L'Écrhistoires
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23 novembre 2017

Les verbes faibles, un problème ?

 

Sur certains sites -et dans quelques ouvrages- il est courant de lire qu'un écrivant doit faire la chasse aux « verbes faibles ». Les principes d'écriture restent toujours utiles mais il ne s''agit aucunement de les suivre aveuglément. J'ai eu envie de revenir sur cette notion.

Verbes faibles, une notion juste ?

 

Si l'anglais ne vous est totalement étranger, vous savez que les verbes faibles correspondent, dans cette langue, aux verbes réguliers. Il en est de même en allemand. Utiliser ce même adjectif engendre donc une certaine confusion. D'ailleurs on trouve parfois d'autres termes pour qualifier ces verbes : pauvres, ternes, passe-partout.

Peu importe le nom qu'on choisit de leur donner, les verbes faibles sont ceux que l'on utilise à tout bout de champ : être, avoir et faire. On peut leur adjoindre : devoir, mettre, prendre, aller, pouvoir et dire. On emploie aussi beaucoup sembler, regarder, continuer de, se sentir, voir...

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Faiblesse ou simplicité ?

 

Ceux qui choisissent de les nommer « verbes faibles » expliquent que ces verbes affaiblissent la phrase. Ceux qui les appellent « pauvres » justifient cette préférence par opposition avec un vocabulaire « riche ». Hélas, la popularité de ce principe « faire la chasse aux verbes faibles » a conduit certains écrivants à tomber dans l'excès. Ils veulent les remplacer au maximum et à force d'abuser du dictionnaire des synonymes, leur prose devient lourde, ampoulée, peu naturelle.

Je préfère utiliser le qualificatif de « passe-partout » car c'est bien cela qui pose problème. Employer « être », « aller » ou « avoir » peut tout à fait convenir. Là où il faut rester attentif c'est aux répétitions et à l'imprécision. Au-delà de ces écueils, je ne vois pas pourquoi on les remplacerait...

 

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Les remplacer ?

 

Ainsi l'objectif ne sera pas de proscrire une liste de verbe mais de faire le choix le plus pertinent.

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Dans le paragraphe qui suit j'ai surligné les verbes considérés comme passe-partout :

Seul le crissement des pas sur le gravier perturba le silence de la nuit. Sous le couvert de l'obscurité, impossible de deviner qui elle était sous la large cape bordée de fourrure. Seule certitude : la main qui maintenait la capuche était du sexe féminin. Un esclave, lanterne à bout de bras, vint l'accueillir. Sur son visage étroit, il y avait une soumission lasse. Nul n'aurait pu penser qu'il connaissait l'identité de la dame. En vérité, la morsure du fouet lui avait enseigné la discrétion plus sûrement que la loyauté. Avec une révérence, il fit signe à la femme de le suivre.

A chaque occurrence, je me suis demandé si le verbe gênait et s'il pouvait être remplacé. Comme vous le verrez, on peut tout à fait changer la construction d'une phrase ou jouer sur la ponctuation pour éviter les répétitions.

Seul le crissement des pas sur le gravier perturba le silence de la nuit. Sous le couvert de l'obscurité, impossible de deviner qui se cachait derrière l'élégante silhouette, sous la large cape bordée de fourrure. Seule certitude : la main qui maintenait la capuche appartenait au sexe féminin. Un esclave, lanterne à bout de bras, vint l'accueillir. Sur son visage étroit : une soumission lasse. Nul n'aurait pu penser qu'il connaissait l'identité de la dame. En vérité, la morsure du fouet lui avait enseigné la discrétion plus sûrement que la loyauté. Avec une révérence, il fit signe à la femme de le suivre.

En matière d'écriture, aucune règle ne doit être suivie aveuglement. Gardez à l'esprit qu'une correction doit d'abord servir le texte.

 

Que pensez-vous de cette « règle » ?

 

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30 septembre 2017

Consigne d'écriture n°11 - « Lipogramme »

 

La consigne

 

Vous connaissez le lipogramme ? Rappelons-en la définition : Œuvre littéraire dans laquelle on s'astreint à ne pas faire entrer une ou plusieurs lettres de l'alphabet. En mars la consigne était d'exclure le u. La proposition d'aujourd'hui est d'écrire un texte sans utiliser la lettre «.

 

Mon texte

Minuscule

 

Minuscule, je serpente, primitive malgré le bruit et la fureur. La lumière se reflète dans le galbe de ma pureté. Je ne sais pas ma valeur. Je ne sais pas ma rareté. Je ne sais pas la vie que j'abrite. Et tu ne le sais pas plus.

Minuscule dans cette existence, je ne fais que passer, sans que tu me remarques. Quand tu me salis de tes déchets. Quand tu me sens perler sur ta peau. Quand tu m'uses et m'abuses afin d'aseptiser ta merde dans tes cités de verre et de ciment. Tu ne sais pas ma valeur. Tu ne sais pas ma rareté. Tu dédaignes la vie que j'abrite.

Minuscule, l'enfant ne me fréquente pas mais sait ma valeur. Il sait ma rareté. Il sait la vie que j'abrite. L'enfant ne fréquente que ma dangereuse jumelle. Dans l'univers qui est le tien, elle serait traitée, purifiée puis graciée. Ici, dans ce pays à mille lieux du tien, l'enfant la recueille et l'accueille. Il ne sait pas sa laideur. Il ne sait pas sa menace. Il ne sais pas la maladie qu'elle abrite.

Minuscule elle serpente perfide dans le ventre de l'enfant. Et tu ne sais pas. Tu ne sais pas que pendant que tu me gaspilles, dans une terre à mille lieux de la tienne, ils enterrent l'enfant que j'aurais pu sauver.

 

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Envie de suivre la prochaine consigne ?

 

Pour cela, rien de plus simple, il suffit de s'inscrire à la newsletter...

 

21 septembre 2017

Verbes de parole : utilité et limites


      La semaine dernière nous avons abordé la question du lien entre réalisme et dialogues. Vous le savez, la catégorie boîte à outils me permet d'aborder exclusivement la partie artisanale de l'écriture, la partie technique. Concernant les dialogues, nous avions déjà vu sa typographie, aussi j'ai pensé qu'il était temps d'évoquer les verbes de parole.

Qu'importe le nom qu'on leur octroie : verbes de parole, de dialogue ou introducteurs, ce sont des termes que tout écrivant utilisera un jour. Faire le point sur la manière la plus efficace de les utiliser me paraissait indispensable.



I. Verbes de dialogue : définition et liste



Un verbe de dialogue/parole ou introducteur est un verbe qui introduit la parole.

Pour trouver une liste de ces fameux verbes, il suffit de faire une recherche sur le Net et les résultats nous confirment la richesse de la langue française :

Aboyer ; accepter ; acclamer ; accorder ; accuser ; achever ; acquiescer ; adhérer ; adjurer ; admettre ; admonester ; s’adresser ; affirmer ; affranchir ; ajouter ; alléguer ; anathématiser ; ânonner ; annoter ; annoncer ; apostropher ; appeler ; applaudir ; apprendre ; approuver ; arguer ; argumenter ; arrêter ; articuler ; assener ; assurer ; attester ; avancer ; avertir ; aviser ; avouer ; babiller ; badiner ; bafouer ; bafouiller ; balbutier ; baragouiner ; bavarder ; bégayer ; bénir ; beugler ; blaguer ; blâmer ; bougonner ; bourdonner ; brailler ; bramer ; bredouiller ; brusquer ; cacher ; cafouiller ; capituler ; céder ; certifier ; chanter ; chantonner ; chuchoter ; choisir ; clamer ; combattre ; commander ; commenter ; compatir ; compléter ; composer ; concéder ; conclure ; confesser ; confier ; confirmer ; congratuler ; considérer ; conspuer ; conter ; contester ; contredire ; converser ; couiner ; couper ; cracher ; crachoter ; crépiter ; crier ; critiquer ; croire ; débiter ; décider ; déclamer ; déclarer ; décrire dédouaner ; déduire ; se défendre ; dégoiser ; demander ; démentir ; démontrer ; dénoncer ; déplorer ; détailler ; deviner ; deviser ; dévoiler ; dialoguer ; dire ; discourir ; discréditer ; discuter ; disserter ; dissimuler ; distinguer ; divulguer ; douter ; ébruiter ; éclater de rire ; égosiller ; égrener ; éluder ; s’émerveiller ; émettre ; emporter ; encenser ; enchérir ; encourager ; enguirlander ; énoncer ; enquérir ; entamer ; enflammer ; entonner ; entrer en matière ; énumérer ; épeler ; ergoter ; s’esclaffer ; estimer ; essayer ; établir ; éternuer ; s’étouffer ; étonner ; s’étrangler ; exagérer ; examiner ; exhorter ; exiger ; expliquer ; exploser ; exprimer ; s’excuser ; exposer ; exulter ; faire miroiter ; faire remarquer ; faire fanfaronner ; féliciter ; flatter ; finir ; formuler ; fustiger ; garantir ; se gargariser ; geindre ; gémir ; glisser ; glorifier ; gloser ; glousser ; gouailler ; grincer ; grognasser ; grogner ; grommeler ; gronder ; haleter ; haranguer ; hasarder ; héler ; hésiter ; honnir ; huer ; humilier ; hurler ; imaginer ; s’impatienter ; implorer ; s’incliner ; indiquer ; infirmer ; informer ; injurier ; innocenter ; insinuer ; insister ; insulter ; s’instruire ; s’insurger ; intercéder ; interdire ; s’intéresser ; s’interloquer ; interroger ; interrompre ; intervenir ; intimer ; inventer ; inventorier ; invoquer ; ironiser ; jauger ; jubiler ; juger ; jurer ; justifier ; lâcher ; lancer ; lire ; lister ; louer ; marmonner ; maugréer ; médire ; menacer ; mentir ; mépriser ; mettre en garde ; minauder ; minimiser ; monologuer ; murmurer ; se moquer ; narguer ; narrer ; nasiller ; négocier ; nier ; objecter ; objurguer ; obliger ; obtempérer ; observer ; s’offusquer ; opiner ; ordonner ; outrager ; palabrer ; papoter ; parlementer ; parler ; penser ; permettre ; pérorer ; persifler ; pester ; philosopher ; piaffer ; plaider ; plaisanter ; se plaindre ; plastronner ; pleurer ; pleurnicher ; polémiquer ; pontifier ; postillonner ; pouffer ; poursuivre ; préciser ; préférer ; présenter ; prétendre ; prier ; proférer ; prohiber ; promettre ; prôner ; prophétiser ; proposer ; protester ; prouver ; psalmodier ; quémander ; questionner ; quêter ; rabâcher ; raconter ; radoter ; railler ; rajouter ; râler ; rapporter ; rappeler ; rassurer ; raviser ; réaliser ; récapituler ; réciter ; réclamer ; reconnaître ; rectifier ; récuser ; redire ; refuser ; réfuter ; regretter ; se réjouir ; relater ; remarquer ; remettre en question ; renâcler ; renauder ; renchérir ; renseigner ; repartir ; répéter ; répliquer ; répondre ; reprendre ; réprimander ; réprouver ; requérir ; résister ; ressasser ; résumer ; rétorquer ; révéler ; revendiquer ; réviser ; ricaner ; riposter ; rire ; risquer ; ronchonner ; ronronner ; rouscailler ; rouspéter ; rugir ; saluer ; s’exclamer ; scruter ; seriner ; sermonner ; siffler ; signaler ; signifier ; sélectionner ; soliloquer ; solliciter ; sommer ; stigmatiser ; souffler ; souligner ; soupçonner ; sourire ; souscrire ; soutenir ; se souvenir ; suggérer ; supplier ; supputer ; susurrer ; taquiner ; tempérer ; tempêter ; tenter ; terminer ; tonitruer ; tonner ; traduire ; vanter ; vérifier ; vilipender ; vitupérer ; vociférer ; vomir ; zézayer, zozoter

Les répétions paraissent impossibles avec tant de propositions... Sauf qu'il est facile d'abuser des verbes de paroles et votre prose risque de s'en trouver plombée...

 

II. Les verbes de dialogues : des mots de plomb

King

Dans son ouvrage Écriture mémoire d'un métier, Stephen King nous adjure de ne pas abuser de l'utilisation de ces verbes de parole. Si je ne suis pas toujours d'accord avec les préceptes de de cet auteur, le piège qu'il évoque me paraît des plus réels !

Même la meilleure prose pâtirait d'un abus des verbes de dialogues... Une preuve de ce que j'avance ? Très bien... Prenons un classique du répertoire du dix-huitième siècle : Le jeu de l'amour et du hasard. Dans cette comédie de Marivaux, j'ai choisi la sixième scène de l'Acte II. Lisette et Arlequin, déguisé respectivement en leur maîtresse et maître, sont tombés amoureux. Prenons le début de leur tête à tête...

ARLEQUIN

Enfin, ma reine, je ne vous quitte plus car j'ai trop pâti d'avoir manqué de votre présence, et j'ai cru que vous esquiviez la mienne.

LISETTE

Il faut vous avouer, Monsieur, qu'il en était quelque chose.

ARLEQUIN

Comment donc, ma chère âme, élixir de mon cœur, avez-vous entrepris la fin de ma vie ?

LISETTE

Non, mon cher, la durée m'en est trop précieuse.

ARLEQUIN

Ah, que ces paroles me fortifient !

LISETTE

Et vous ne devez point douter de ma tendresse.

ARLEQUIN

Je voudrais bien pouvoir baiser ces petits mots-là, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne.

MarivauxGameLoveChance

Bien entendu, on ne peut nier une seconde que c'est fort bien écrit. Mais que se passerait-il si on collait un verbe de parole poussif à chaque réplique ?

Arlequin se plaignit :

— Enfin, ma reine, je ne vous quitte plus car j'ai trop pâti d'avoir manqué de votre présence, et j'ai cru que vous esquiviez la mienne.

— Il faut vous avouer, Monsieur, qu'il en était quelque chose, confessa Lisette.

— Comment donc, ma chère âme, élixir de mon cœur, avez-vous entrepris la fin de ma vie ? s'indigna-t-il.

— Non, mon cher, la durée m'en est trop précieuse, protesta-t-elle.

— Ah, que ces paroles me fortifient ! se réjouit le jeune homme.

— Et vous ne devez point douter de ma tendresse, confirma Lisette.

— Je voudrais bien pouvoir baiser ces petits mots-là, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne, s'enflamma-t-il.

Vous remarquerez que le dialogue, si plaisant au départ, perd toute sa légèreté. Si vous en doutez, il suffit de prendre le temps de lire cet échange à haute voix... Convaincu ? Bien entendu, on peut tout à fait piocher dans la liste donnée précédemment mais gardez à l'esprit d'utiliser les verbes de parole avec parcimonie.

 

III. Comment éviter l'abus des verbes de dialogues ?

 

Malgré toutes mes mises en garde, il faudra bien faire intervenir le récit dans les échanges un peu long. Cela permet de garder un certain dynamisme dans la scène en question.

Déjà nul besoin de rappeler à chaque réplique qui est l'interlocuteur, faites-le seulement de temps à autre et préférez les verbes simples. Enfin on peut très bien utiliser le mouvements de nos personnages pour introduire un dialogue. Par exemple :

« Surprise, Annie se pencha vers la jeune femme :

Il s'est passé quelque chose ? »

Pour conclure, je dirais aussi que si vos personnages sont bien construits, ils auront leur propre « voix ». Ces dernières seront alors suffisamment reconnaissables pour pouvoir se passer facilement de certains verbes de dialogue.

 

Et vous, quelle place tiennent les verbes de dialogue dans vos écrits ?

 

20 juillet 2017

La musique, un allier pour créer ?

 

Depuis l’ouverture de l'Écrhistoires, j'ai déjà eu l'occasion d'aborder la question de l'inspiration et de mes astuces pour entrer en écriture. Les conditions pratiques pendant que l'on écrit demeurent aussi importantes que les points précédents. Quand on aborde la créativité, il existe presque autant de possibilités que de pratiquants. Il me semble donc impossible de traiter du sujet en un seul article.

Pour commencer, j'ai fait le choix de parler de nos oreilles : le silence et ses liens avec la concentration, la place que peut tenir la musique dans l'écriture -ou le dessin, la peinture, la sculpture-,...

Bien entendu, il ne s'agit pas d'établir des règles mais seulement d'explorer quelques pistes de réflexion.

 

 

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I. Silence or not silence ?

 

Silence or not silence ? La question du silence dépend avant tout de la place de l'écriture dans votre vie. Professionnel des mots, vous disposerez généralement du temps et de l'espace nécessaire pour travailler, donc de calme. Dans ce cas, pas de problème... Par contre si vous jonglez entre diverses activités et que faire de la place à l'écriture tient du numéro de voltige, vous aurez tout à gagner à pouvoir écrire dans toutes les circonstances, même dans le bruit.

Se concentrer et faire abstraction du reste est une question d’entraînement. Si votre maison ne connaît pas le silence, inutile d'attendre les quinze minutes de calme mensuel pour écrire. Attendre n'est jamais la bonne décision lorsque l'on désire faire de la place à un activité. Il faut adapter cette dernière à notre quotidien, non l'inverse. Forcez-vous à écrire dans le bruit et bientôt vous serez capable de travailler sans difficulté dans le vacarme !

 

II. Comme bruit de fond...

 

Pourtant, il se peut que certaines circonstances vous rendent la concentration vraiment trop laborieuse -écrire dans un café bondé par exemple-. Il existe alors la possibilité – ô combien salvatrice ! - de mettre des écouteurs et de taper au gré d'une playlist... La musique ne sert alors qu'à masquer ce qui pourrait perturber votre travail. Un joli bruit de fond. Pour cela, de manière tout à fait personnelle, j'adore Bach. Mais vous pouvez utilisez presque n'importe quelle musique. Attention toutefois aux morceaux comportant des paroles : les mots de la chansons peuvent agir comme des interférences dans les vôtres. Si vraiment vous ne concevez pas la musique sans voix, alors choisissez plutôt des interprètes qui officient dans une langue que vous ne comprenez pas. Ainsi, il m'arrive fréquemment d'écrire avec de la J-pop ou de la K-pop (japonaise et coréenne). N'hésitez pas à tester afin de trouver ce qui vous conviendra le mieux.

 

Bach


III. Comme aide à l'inspiration

 

Si la musique sert aisément de filtre au quotidien pour permettre de s'isoler mentalement, il ne faut pas la sous-estimer  car elle peut devenir un allier véritable !

Vous êtes sensible aux ambiances musicales ? Alors établissez des playlists par type de scène. Tels morceaux pour des scènes épiques, tel album pour des passages romantiques, tel musicien ou compositeur pour les chapitres tragiques,...

Afin de gagner du temps, il existe tout un pan de la musique permettant de dénicher facilement des compositions à forte coloration émotionnelle : les OST, (ou BO pour bande originale) ! Que ce soit de film, de série ou de jeux vidéos (argh, les merveilleuses musiques des Final Fantasy... Une mine d'or pour écrire!), vous trouverez de quoi nourrir votre inspiration. Il suffira ensuite de constituer des playlist dédiées avec des noms aussi évocateur que « Scène de bataille » ou « Tragédie ».

 

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Exceptée la question des morceaux chantés, les pistes proposés précédemment peuvent sans problème s'appliquer à d'autres activités... Car la musique n'adoucit pas seulement les mœurs, elle est une source à part entière d'inspiration !

 

Et vous, quelle la place de la musique dans votre vie ?

 

6 juillet 2017

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 3/3

 

Si vous avez suivi les deux premières étapes de ce « Tuto du stylo », à découvrir ici et , vous disposez à présent de la première mouture, version, d'une histoire. Qu'elle comporte 500 ou 3000 mots, vous pouvez d'ors et déjà être fier de vous. Pourtant le plus gros du travail reste à faire : passer d'un premier jet à un écrit abouti.

Quand on évoque la correction, immanquablement, on pense à ces copies de français, maths ou histoire -rayez la ou les mentions inutiles- saturées de rouge qui provoquaient un soupire déçu ou la colère de nos parents. Ces souvenirs parfois déplaisants peuvent nous freiner. Or la correction en écriture n'est pas notation. La correction pour un écrivain, c'est d'abord une valorisation de ses capacités littéraires. C'est répondre à cette question centrale en Art : de quelle manière je peux magnifier mon œuvre pour qu'elle s'approche au plus près de mon idéal ?

Au fil du temps, cette étape, que l'on redoute tant au début, devient un passage profondément créatif, porteur d'espoir et de jubilation.

Nota bene : ce tutoriel ne saurait se substituer à une séance en écriture créative. Néanmoins, j'essaie de survoler efficacement les notions fondamentales pour les écrivants. N'hésitez pas à me contacter pour vos questions et remarques éventuelles (ecrhistoires@gmail.com).

 

Prendre du recul...

 

Il s'agit tout d'abord de prendre du recul au sens propre du terme. Et ce de deux manières : temporelle et physique.

Sauf deadline -dans le cadre d'une activité professionnelle ou d'un concours-, mieux vaut éviter de se pencher à chaud sur son texte. Pour gagner en pertinence et en efficacité, on laisse reposer son écrit. Mais alors QUAND doit-on retravailler ses productions ? Il n'existe -hélas- pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette question légitime. Cela dépend de plusieurs facteurs dont un seul est neutre, la longueur de votre production, et c'est celui qui, à mes yeux, compte le moins. Finalement ce que je prends personnellement en compte c'est mon lien émotionnel au projet. Si c'est un écrit théorique, je peux me pencher dessus dès le lendemain. Si c'est un poème à dimension autobiographique, il me faut parfois des mois avant d'être capable de le retravailler avec intelligence.

Enfin au-delà du recul temporel, un recul physique est non seulement possible mais souhaitable. Si, comme moi, vous écrivez votre premier jet directement sur ordinateur, évitez de corriger sur écran, l'expérience m'a appris que c'était beaucoup moins efficace -aussi bien pour retravailler un texte que pour une correction stricte (grammaticale et orthographique).

Si vous écrivez à la main : le moment de taper sa production reste une bonne occasion de commencer les corrections.

Enfin, un dernier petit conseil : gardez une trace de toutes les versions de votre travail. Non seulement on peut s'apercevoir que finalement tel passage supprimé a sa place dans le récit mais cela permet de voir combien notre texte s'est amélioré !

 

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Exemple de manuscrit personnel après relecture pour correction

 

La question de la bienveillance

 

Prendre du recul au sens strict du terme ne suffit toutefois pas, il s'agit aussi de porter un regard juste sur ses écrits. Une question délicate puisque cela consiste à faire l'équilibriste pour ne tomber ni dans une satisfaction aveugle ni dans l'autoflagellation.

Le premier principe à intégrer est le suivant : ne pas confondre ce que l'on produit avec soi-même. Je ne nierais pas que l'on a souvent un lien étroit et fort avec notre travail mais il ne s'agit pas de confondre ce que l'on produit avec ce que l'on est. Cette confusion reste commune. Combien d'écoliers ont pensé -et pensent encore- qu'obtenir une mauvaise note signifie qu'eux-même sont « nuls » ou méritent un 0 ?

Au début, lorsque je me rendais compte qu'une de mes scènes était franchement mauvaise, j'avais envie de tout envoyer au diable. Je me disais « Ah, tant pis, je suis nulle ! Je n'arrive à rien ! Je me suis pris pour Flaubert mais je suis incapable d'écrire un truc qui tienne la route ! ». Alors je mettais tout à la poubelle. Avant de me résoudre, quelques jours après, à tout recommencer.

Aujourd'hui encore certains passages me désespèrent. Seulement j'ai compris que je ne pouvais simplement pas toujours faire  bien. Où serait l'intérêt si je ne pouvais pas progresser et retravailler mes écrits ?

Si vous deviez adopter une devise ultime, ce serait la suivante « Exigence et bienveillance ».

 

Manuscrit

 

Marcel Proust – Manuscrit de À la recherche du temps perdu

 

Une question de connaissance de soi...

Dans son célèbre ouvrage, Écriture, mémoires d'un métier, Stephen King nous fait part d'un conseil reçu d'un directeur de publication lorsque, jeune auteur, il collectionnait les lettres de refus. Une règle simple que l'écrivain continue de faire sienne : Version 2 = version 1 – 10 %. Cette maxime peut être utile à certains mais doit être considérée avec précaution car elle ne convient pas à tous.

« Alors pourquoi la citer ? », me demanderez-vous. Car ce principe nous rappelle que l'on doit être capable de sacrifier certains passages pour le bien de son texte. Quant aux chiffres, je me permettrais simplement de vous conseiller d'apprendre à vous connaître. Personnellement j'ai tendance à l'économie lorsque j'écris. Radine dans mes descriptions, je me retrouve le plus souvent à devoir compléter mes textes. Ce que je gagne en matière, je la perds néanmoins quand je me préoccupe du « style ». Lors de de cette étape, je me rends compte que je multiple les mots inutiles et me voilà en train de rayer, supprimer, raturer. Malgré mes progrès au fil des années, il y a toujours à parfaire, que ce soit en ajoutant ou en épurant. À vous de trouver comment valoriser au mieux les qualités de votre plume, en prenant en compte ce qui fait votre singularité, votre identité d'écrivant.

L'astuce en plus : pour mieux mettre en relief et les imperfections d'un texte, rien ne remplace la lecture à voix haute. Pas besoin de public... Seul dans votre salon ou votre bureau, lisez votre publication en prenant soin d'articuler, de ne pas aller trop vite. Vous verrez que répétitions, dialogues faibles, tournures incompréhensibles, et toute autre maladresse gagnent en visibilité !

 

 

Et vous des astuces personnelles à partager ?

 

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29 juin 2017

5 (très) bonnes raisons de tenir un journal intime

 

 

Cette année ce sont les noces de Satin. 24 ans. Vingt-quatre ans de relation intense et passionné entre mon journal intime et moi. Le temps passe et celui-ci s'est transformé pour me suivre : d'un cahier de brouillon en passant par les fameux carnets Moleskine à un espace dans mon Filofax... Peu importe la forme, le ton, j'ai toujours eu le besoin d'écrire en toute confidence. Passée l'adolescence, cette habitude provoque parfois des regards un peu dubitatifs. Voir exaspérés. Pourtant il existe des bénéfices réels à tenir un journal.

Avant de les évoquer, prenons quelques instants pour démystifier cette habitude. Alors NON un journal intime n'est pas forcément un truc rose à cadenas. Encore moins un exercice quotidien à base de « Cher journal, ». Cela peut l'être, si ce format vous ressemble. De mon coté, j'ai abandonné toute velléité de régularité depuis mes treize ans. Je passe parfois plusieurs semaines sans rien écrire. A certaines périodes, mon journal ne rassemble que des dessins. Ou des listes de livres. Ou des poèmes. Ce qui compte c'est simplement de disposer d'un espace où j'écris ce DONT j'ai besoin, là, tout de suite.

 

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Petit aperçu de mes journaux...

I. Développer sa créativité

Pour être un bon kleptomane créatif, notion abordée dans le tout premier article du site, j'encourageais le fait de garder « toujours un carnet/journal sur vous ». Pour noter cette impression, cette citation, ce film, cette couleur ou odeur que l'on intercepte dans le quotidien et qui nourrira, le moment venu, notre vie intérieure.

Journal intime ne rime pas forcément avec les mots. Dans une autre publication, j'abordais d'ailleurs le sujet de l'art journal, journal intime visuel. 

II. Se souvenir des belles choses

Pour les neurosciences, nous avons une prédisposition à voir les choses négatives - comme tout ce qui engendre la peur donc la vigilance – c'est un fonctionnement de survie issu du passé. Voilà pourquoi il nous faudrait faire plus d'effort pour se concentrer sur les événement positifs que sur les difficultés : la résurgence de la joie n'a jamais sauvé une espèce ! Pour cela les listes sont de bons outils – oui, oui, je suis toujours aussi fasciner par les inventaires -. Un journal intime peut être un espace dans lequel noter notre gratitude ou nos petits bonheurs.

 

III. Mieux gérer le quotidien

Mes proches pourraient le confirmer, je suis quelqu'un de pragmatique. J'aime l'utile. D'ailleurs j'ai tendance à trouver agaçante l'habitude qu'ont certains d'opposer le beau à l'utile. Pourquoi ne pas lier les deux ?

Un journal intime est AUSSI un outil pragmatique, pour mieux gérer le présent. Il peut être utile pour formuler des objectifs, des projets,... Et pas seulement.

Au mois de mars, je vous expliquais l'importance de sortir les poubelles intérieures : Notre cœur et notre esprit sont de vraies poubelles : on y accumule des tas de choses, on les laisse pourrir dans un coin. Puis quelques jours/semaines/mois plus tard on s'étonne que la moisissure envahisse tout le reste. Mon journal sert d'abord à cela, accepter et comprendre ce qui est vivant en moi. Récemment confrontée à des soucis de santé, écrire mon angoisse et ma révolte m'a permis de passer cette étape sans la nier.

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IV. Se connaître et s'aimer

Après le volet pragmatique, abordons le domaine du développement personnel. Car on peut écrire pour pour mieux se connaître et /ou changer de regard sur soi... En début d'année, je parlais de journal d'estime de soi qui entre parfaitement dans cette catégorie.

 V. Pour se conjuguer au futur

Les magazines (les livres et même les émissions de TV) ne cessent de nous le seriner : il faut être dans le « Ici et maintenant ». Je ne nie pas les bienfaits de ce précepte et encore moins ceux de la méditation en pleine conscience mais il ne s'agit pas de nier la possibilité du futur. Pour cette raison j'avais publié un article intitulé L'écriture : se projeter pour se révéler : non tenir un journal intime n'est pas nécessairement un acte empli de nostalgie et peutrefléter nos enthousiasmes, nos ambitions, nos appétits pour l'avenir.

 

BONUS POUR LES É CRIVANTS

Si vous faites partie du vaste club des écrivants, la tenue d'un journal prend une autre dimension, vous pouvez l'utiliser pour pratiquer des exercices d'écriture et donc réunir de la matière brute pour tous vos projets.

 

 

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Et vous, ami lecteur, vous tenez un journal ? Pourquoi ?

 

30 mars 2017

L'étrange monde du coloriage pour adultes...



Cinq ans... Cinq ans que l'invasion a commencé. Nos papeteries, nos librairies, nos supermarchés et Internet : le coloriage pour adultes est partout. Depuis le temps, on aurait pu penser que le phénomène se serait essoufflé mais pas tellement. Il s'est seulement démocratisé, passant du nouveau hobby à la mode chez les bobos adeptes d'Art-thérapie à une activité passe-partout coincée entre le tricot et le scrap. De nouveaux chouchous l'ont chassé du rayon nouveauté : le Bullet Journal, les Zentangle,... Mais le coloriage n'est pas mort... Penchons-nous sur son cas.



Ah, non, pas pour moi !

 

Quand on évoque le coloriage, la plupart d'entre nous pense d'abord à une activité pour enfants, le genre qui les occupe dans la salle d'attente du médecin ou au restaurant. Personnellement, cela faisait remonter un souvenir assez triste : celui du service fermé où se trouvait ma grand-mère en maison retraite. Les murs tristes, des personnages âgéess à l’œil hagard qui, dans la petite salle commune, s'appliquaient à ne pas dépasser...

Lorsque je passais devant les livres de mandala et de coloriage anti-stress, je me contentais de leur jeter un coup d’œil méfiant sans m'arrêter. Ma thérapeute, alors que j'avais beaucoup de mal à être dans le moment présent (depuis j'ai découvert les bienfaits de la méditation), m'a conseillée de tenter le coup. Je dois avouer que j'étais plus que sceptique mais nos séances ayant été très constructives, je décidais de lui faire confiance.

 

Crayons

 

La pleine conscience pour les nuls ?

 

Très vite j'ai réalisé pourquoi le coloriage était tant plébiscité. J'avais essayé pas mal de choses pour me détendre. Prendre un bain ne m'aidait pas, mes pensées ressemblaient trop à de la rumination. Le tricot et autres loisirs créatifs ? Je ne suis pas très douée donc je passais plus de temps à m'énerver qu'à lâcher prise. Bref il me fallait une activité qui m'occupe aussi bien les mains que l'esprit sans me fatiguer ni mettre en route mon désir névrosé de perfectionnisme.

Le coloriage a été une vraie découverte. Pendant quinze ou trente minutes, je cessais de me mettre la pression... Ma respiration devenait calme et profonde, je ne pensais plus à la liste de choses à faire et à tous ce que je ne parvenais pas à accomplir. Sans le savoir je découvrais ce qu'être dans le « ici et maintenant » signifiait.

Avec le recul, je me rends compte que c'était le premier pas vers ma découverte de la méditation -et ma thérapeute l'avait prévu-. Aujourd'hui je médite presque tous les jour et ma vie s'est transformée. Le coloriage n'a été qu'un rouage de ce changement... Mais chaque rouage compte.

 

 

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Un vrai acte créatif ?

 

Si ma thérapeute m'avait conseillé le coloriage dans une optique de soins, cette activité a eu pour moi un effet beaucoup plus complet. Adolescente et jeune adulte, le dessin tenait une place de choix dans mes loisirs. Puis les années passant, j'avais complètement rangé mes crayons. Je cantonais mes ambitions créatives à l'écriture et aux mots. Or la pratique d'un art visuel est très épanouissant et, je ne m'en rendais pas compte, pouvait nourrir mon travail d'auteur. Le coloriage, à la portée de tous, m'a permis de redécouvrir le plaisir de jouer avec les couleurs et les formes. Cette activité m'a débarrassé de mes complexes. Très vite, j'ai eu envie de me remettre au dessin puis à la peinture.

Je ne cesse de répéter que la créativité est à tout le monde, qu'il ne faut pas hésiter à sauter le pas mais je sais aussi combien il peut être difficile de se libérer de nos peurs et de nos complexes. C'est pourquoi le coloriage - facile et bon marché - peut être une manière de (re)devenir créatif. Un premier pas pour explorer d'autres techniques.

 

Que ce soit pour lâcher-prise ou libérer sa créativité, c'est un outil facile à expérimenter.

 

Et vous, adeptes de loisirs créatifs ? Si oui, lesquels ?

 

 

17 février 2018

Consigne d'écriture n°20 - «Titres de films »

 

 

La consigne

 

Ce qui peut arriver en une seconde

 

 

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Mon texte

 

Un battement de cil

 

Une seconde pour un battement de cil

Mais ma paupière ne frémit plus

Une seconde pour un baiser tendre

Mais mes lèvres restent closes

Une seconde pour une caresse amoureuse

Mais ma peau demeure froide

Une seconde pour tomber amoureux

Mais mon cœur rempli de brise

Une seconde pour un soupir de plaisir

Mais l'air me manque

Une seconde pour dire je t'aime

Mais tout se fane sur ma langue

 

Une seconde pour un message

Une seconde d’inattention

Une seconde

Et tu es perdu.

 

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10 février 2018

La littérature au Moyen-Âge - Contexte

 

Comme je l’annonçais lundi, j'ai décidé de vous parler littérature française, plus exactement histoire de la littérature française, à raison d'une à deux fois par mois.

Plus jeune, lorsque mon cœur balançait entre histoire et littérature, je m'imaginais parfois en médiéviste chevronnée qui manipulerait de précieux manuscrits les mains munies de gants blancs -depuis j'ai appris que ceux-ci étaient déconseillés...- . Il était donc hors de question de faire l'impasse sur le Moyen-Âge dans notre histoire de la littérature française !

Pourtant le Moyen-Âge reste, à mon sens, une des périodes les plus complexes à comprendre. Déjà parce qu'elle dure mille ans et que l'ambition de la réduire à quelques notions semble insensée. Bien entendu je ne compte pas traiter du sujet avec un seul article. Aussi j'ai décidé de vous faire profiter de quelques préliminaires -et qui n'aime pas cela ?-. Car la littérature médiévale a quelques particularités et il paraît raisonnable d'en faire un bref résumé.

 

I. Une question de langues

 

Avant toute chose, il faut comprendre qu'au Moyen-Âge, il n'y avait pas une seule langue mais plusieurs. Les deux principales étaient la langue d'Oc et la langue d'Oïl, toutes deux issues du gallo-romain.

La langue d'oc (ou occitan) prédominait dans le sud de la France, encore aujourd'hui elle est la langue régionale la plus parlée en France. Bien que nous n'allons pas nous appesantir sur la littérature occitane, il faut garder à l'esprit qu'elle a été très importante au Moyen-Âge. De nombreux textes nous sont parvenus, un des premiers d'entre eux étant la Chanson de Sainte fois au XIe siècle.

C'est pourtant de la langue d'Oïl que nous vient la langue qui est nôtre aujourd'hui. Si dans un premier temps elle se confond avec l'ancien français, les deux langues deviendront distinctes à la fin du Moyen-Âge. En vérité on ne devrait pas parler de la langues d'Oïl mais des langues d'Oïl puisque que l'ancien français n'est qu'un des dialectes considérés comme telles. Parmi eux on peut compter, entre autres, le lorrain, le picard, le normand, le bourguignon,... Il semble que ce soit le francien -parlé en Île-de-France- qui deviendra la norme du français littéraire dès la seconde moitié du XIIe siècle.

Pourtant, comme nous allons le voir dans la suite de l'article, il n'y a pas seulement un bilinguisme à cette époque mais un trilinguisme. Car à la langue d'Oc et aux langues d'Oïl, on peut rajouter la langues des lettrés : le latin.


Manuscrit de Guillaume de Tudèle et continuateur anonyme, Chanson de la Croisade contre les Albigeois, manuscrit de 1250-1300 écrit en occitan ancien

 

II. De l'écrit de la langue vulgaire

 

Si les gens du peuple parlaient le dialecte de leur région, les lettrés devaient maîtriser le latin puisque tous les écrits étaient rédigés dans cette langue. Cette domination sera mise à mal au Concile de Tours en 813 quand les évêques, rassemblés par Charlemagne, recommandèrent de prêcher en roman. C'est toujours mieux de comprendre quand on nous explique comment éviter l'Enfer ! Cet événement marque la reconnaissance du roman comme langue. On pourrait penser que le Concile a immédiatement révolutionné l'écrit mais c'est très loin d'être le cas. Il faudra attendre 842 pour que le premier texte écrit dans une autre langue soit attesté. Il s'agit des Serments de Strasbourg qui signe une alliance militaire entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. Quant au premier texte littéraire, il faudra encore attendre au moins 38 ans !

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Manuscrit de Nithard, petit-fils de Charlemagne, dans lequel il rapporte l'épisode des serments de Strasbourg

C'est à partir fin du IXe siècle qu'apparaissent des textes composés en langue vulgaire. Notez aussi que le roman littéraire est d'abord en vers. Ce n'est que dans la seconde moitié du XIIe siècle que la prose commence à apparaître comme forme littéraire.

Malgré tout, le latin reste la langue savante. La rivalité avec le roman s'affirmera au XIe siècle avec la chanson de geste -je vous en parlerai plus longuement- et au XIIe siècle avec la poésie lyrique en langue occitane. Ce sont ces textes qui donnent au roman et à l'occitan le statut de langue littéraire.

À partir du XIIe siècle, tous les domaines -sauf peut-être la théologie et la philosophie- d'abord réservés au latin sont investis en français. Mais cela ne doit pas nous faire oublier l'influence énorme du latin classique et médiéval tout au long du Moyen-Âge.

 

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Charlemagne et Pépin le Bossu. Copie réalisée au Xe siècle d’un manuscrit original datant d’entre 829 et 836 | Wikimédia Commons

III. Une transmission très limitée

 

Même rédigés en langue vulgaire les livres sont réservés à une élite restreinte. La culture est essentiellement transmise à l'orale. Lorsque l'on étudie de près les œuvres littéraires médiévales, il est indispensable de garder cette particularité à l'esprit : les textes sont crées pour être dits ou chantés.

Quant aux livres manuscrits il sont transcrits à la main par des copistes. Non seulement la pratique est longue et fastidieuse mais elle reste surtout onéreuse. Un nombre limité de manuscrits nous est donc parvenu. De plus certains d'entre eux sont très abîmés et ne permettent pas d’accéder à l'intégralité de l’œuvre, comme pour les fragments du Tristan de Béroul. Même quand le parchemin est en bon état, il ne faut pas oublier que le contenu varie toujours d'une copie à l'autre.

À partir du XIVe siècle, les milieux aristocratiques et la haute bourgeoisie s'intéressent à la question et commandent des manuscrits. Il y a même des collectionneurs célèbres comme Jean de Berry ou René d'Anjou.

 

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Comme vous venez de le voir le contexte linguistique et éditorial du Moyen-Âge reste particulier et il me semble difficile de comprendre la littérature de cette période sans prendre en compte cet environnement. Maintenant que c'est fait, je vous donne rendez-vous dans deux semaines pour assister à rien de moins qu'à la naissance de notre littérature !

 

3 février 2018

Consigne d'écriture n°19 - «Titres de films »

 

La consigne

 

Prendre 10 titres de films issus du classement IMDb et les utiliser en logo-rallye, c'est à dire les intégrer dans le texte que vous écrirez pour l'occasion... Voici les titres que je voulais insérer dans ma proposition : les évadés, la vie est belle, Léon, psychose, les lumières de la ville, le pianiste, la vie des autres, sueurs froides, du silence et des ombres, là-haut.

 

 

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Mon texte

 

Le club de la solitude

 

La climatisation poussive ne parvenait pas à rafraîchir l'air lourd et moite. Certains clients s'éventaient avec leur serviette cramoisie, imprimant à leur geste le rythme de la musique jouée sur scène. L'homme ne prenait pas cette peine : il supportait vaillamment la chaleur, même aggravée par le bourbon. Il enviait ceux qui avaient déjà déserté la ville, les évadés de l'été. Dans les rues ne restaient que les touristes et les pauvres hères dont il faisait parti. Il lui en aurait fallu du courage pour se dire que la vie est belle alors que l'air brûlait dans la cage à poule qui lui servait d'appartement. Léon pensait que cette chaleur, avec la promiscuité de la ville, pouvait rendre fou. Oui, la température avait joué un rôle dans la maladie de son voisin. Le quinquagénaire avait complètement craqué. Ses crises terribles avait obligé sa propre fille à le faire interner. Le vieux était toujours en pleine psychose.

La porte du club s'ouvrit sur un couple séduisant et Léon jeta un regard dehors où les lumières de la ville restaient invisibles dans la ruelle étroite. Alors qu'il reprenait une gorgée d'alcool, le pianiste entama une improvisation sur In a sentimental mood – des maître Ellington et Coltrane –, captant son attention. Très vite il préféra de nouveau observer les autres clients. Car Léon adorait cela : traîner dans les lieux public pour contempler la vie des autres. Comme pour se distraire de la solitude. Léon ne voyait pas le mal. D'ailleurs sa manie avait fini par sauver la vie d'un client quand, l'autre soir, celui-ci, soudain le visage rouge et mouillé de sueurs froides, avait porté la main sur sur cœur. Personne n'avait remarqué. Sauf Léon. Qui avait pu appeler les secours.

Un dernier coup de bourbon... Après l'atmosphère du club, l'air extérieur semble presque frais. Il sera bientôt à la maison où ne l'attendent que du silence et des ombres. Tous les soirs, c'est pareil, Léon retrouve la douleur de sa solitude. Il s'arrête là, au milieu de la ruelle, et, tête levée, ferme les yeux. Il tente de secouer sa tristesse, de se donner un peu d’énergie et quand il parvient enfin à entrouvrir les paupières, c'est pour voir que là-haut, pour une fois, il peut voir les étoiles. La musique, étouffée, lui parvient.

Alors il sourit.

 

 

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13 avril 2017

Écriture, LA clef universelle


       Si vous traînez vos guêtres sur la toile, à la recherche de conseils pour écrire, vous le savez : les règles se suivent et parfois se contredisent. Prévoir ou non un plan, utiliser des verbes de parole ou en minimiser l'usage, faire ou non des fiches de personnages... L'écriture au long court n'est pas chose aisée et on tâtonne avant de trouver notre manière de travailler.

Il existe pourtant un point sur lequel tout le monde se retrouve. Une base que dans toutes les master class, dans tous les ouvrages consacrés à l'écriture, figurant sur tous les sites sérieux : pour écrire, il faut lire ! J'en parlais déjà dans le premier article de l'Écrhistoires...

 

Delfin Enjolras

Jeune femme lisant près d'une fenêtre, Delphin Enjolras

 

Les bienfaits valables pour tous

 

Avant même d'aborder la lecture pour l'écrivant, n’oublions pas ce qu'elle apporte à tous. Souvent ses aficionados mettent en haut de la liste ses bienfaits intellectuels. S'ils demeurent indéniables, ce n'est certes pas ce qui me vient à l'esprit quand je pense au roman qui m'attend paisiblement. Alors quoi ? Laissez-moi emprunter les mots de David Lewis, neuropsychiatre de renom : « S'abandonner à la lecture est une forme ultime de détente ».

Quinze minutes -ou moins- plongée dans une bonne histoire et je me sens aussi bien qu'après une séance de méditation. Pour moi, c'est une façon simple de revenir à « l'ici et maintenant », loin de toute angoisse, de tout tracas, de toute rumination. Un bain moussant à emporter partout avec soi... Pourquoi s'en priver ?

L'avantage avec le côté déstressant de la lecture est qu'il concerne tous les bouquins. Qu'importe le genre, la qualité littéraire, tout ça tout ça ; tant qu'on lit avec plaisir !

 

Le second bienfait universel est l'enrichissement de sa culture générale. Dans la majorité des histoires, il y a quelque chose à apprendre, à comprendre. Même le pire récit nous questionnera. Adolescente, j'ai eu une période «histoire d'amour sur fond historique » -qui a duré looooongtemps-. Encore aujourd'hui j’apprécie les romances froufroutantes. Certains de mes proches -et d'autres- m'ont fait part à ce propos de leur réserve. Si je ne vais pas aller jusqu'à crier au snobisme -quoique-, je dois mettre les points sur les i : c'est en dévorant une des innombrables séries de Benzoni que ma curiosité pour l'histoire s'est éveillée. Quelques mois à suivre une héroïne sur fond de renaissance florentine et je me suis retrouvée, à quinze ans, absorbée dans une biographie de Laurent de Médicis. Cette fenêtre se serait-elle ouverte sans la lecture ? Ce n'est pas certain.

 

Bien-être général, ouverture sur le monde : des bienfaits en pagaille...

Pour les écrivants, lire va bien au-delà...

 

Une mine d'or

Oui, la lecture reste LA formation initiale de quiconque ambitionne d'écrire ! Si vous faites partie de cette caste, lire devrait être une activité quotidienne. Autant que l'écriture. Voici la liste -non exhaustive- de ce que vous apporte(ra) la lecture :

  • Des outils littéraires

On pense souvent à l'orthographe. Lorsque je fréquentais les bancs de l'école -hier selon moi, naguère selon mes enfants...- les dictées étaient mon talon d’Achille. Immanquablement on me conseillait la lecture... Sauf que j'étais déjà fanatique -combien de fois maman a dû m'arracher de quelque roman ?-. Ce qui vaut pour certains ne fonctionne pas pour tous. Mais ce serait dommage de ne pas tenter le coup... Et nous pouvons ajouter l'enrichissement du vocabulaire, la compréhension de ce qui fonctionne (ou pas), des figures de style, des modèles de constructions narratives...

  • Le pillage honnête

Dans mon article, Les trois clefs de l'inspiration, je me permets d'utiliser l'expression « Kleptomane créatif » d'Austin Kleon. Ce pillage honnête englobe les ouvrages qu'on lit. Je ne parle pas de plagiat mais bien de nourrir son inspiration, voir de se trouver des maîtres d'écriture, ces écrivains que l'on admire et qui nous donnent la force de continuer malgré les difficultés.

  • L'épanouissement du sens critique

Plus on lit plus on devient exigeant. On aiguise notre esprit critique, or ce dernier reste un atout pour retravailler un texte.

  • Affiner nos goûts et donc nos envie

Savoir ce que l'on aime lire est le premier pas pour définir ce que l'on désire écrire. Logique.

  • Augmentation des capacités de lecteur

Au dix-huitième siècle, le journaliste et politicien irlandais Richard Steele (1672-1729) l'avait déjà compris : « Lire est à l'esprit ce que la gymnastique est pour le corps. ».

Outre cette gymnastique de la concentration et de la mémoire, vous lirez plus vite, du moins plus efficacement. Pain béni pour l'auteur ! Parce qu'écrire implique de faire des recherches, lire vite vous fera gagner du temps.

 

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La -sublime- Bibliothèque nationale du Chili

Nous l'avons vu, la lecture est une activité cruciale pour progresser. Reste un point que je n'ai pas abordé : les mauvais livres. À titre personnel, j'ai autant -si ce n'est plus- appris des mauvais livres que des bons. Ce phénomène, qui étonnent certains de mes clients, mériterait une chronique à part entière... Aussi je vous laisse pour le noter dans ma To do list...



Et vous, la lecture tient quelle place dans votre vie ?



 

7 septembre 2017

S'organiser pour se libérer

En pleine période de rentrée, le rythme frénétique nous épuise : fournitures scolaires de dernière minute, inscription à une activité -physique ou culturelle-, papiers administratifs... L'automne n'a pas encore débuté que déjà on se sent fané. On s'était pourtant promis de prendre de l'avance, de prévoir ces ribaudes de photos d'identité réclamées tous les ans, de s'occuper des assurances, de faire telle ou telle démarche... Bref, on avait fait le serment solennel de s'OR-GA-NI-SER. Argh...

J'ai la chance d'être organisée. Non pas qu'une fée bienveillante se soit penchée sur mon berceau. Je le suis devenue par nécessité. Parce que ma mémoire a la cruelle particularité de ressembler à une passoire irrationnelle. Voui, voui. Genre je me souviens qu'en 1386 un cochon a été exécuté en place publique -à Falaise- pour le meurtre d'un bébé. Par contre j'oublie la date de mon anniversaire de mariage. Pour pallier à cela, j'ai dû me résoudre à TOUT noter.

À force je suis en quelque sorte devenue une experte des to-do list, des agendas et plannings en tout genre.

On pourrait croire que cette manie de «planifier» mon quotidien s'apparente à une obsession, ou même à une pathologie. Sauf que j'ai découvert que s'organiser signifiait se libérer : du temps, l'esprit, de la procrastination, de la culpabilité,...

Mais comment s'organiser au mieux ? Avec un effort minimum pour une efficacité maximale ?

I. Le papier, un outil poussiéreux et dépassé ?

J'aime les écrans et la technologie. J'ai grandi avec l'informatique à une époque où c'était encore rare -je suis de 82-, -ah les jeux vidéos sur cassettes...-. Pourtant je n'utilise pas le numérique pour m'organiser. Déjà j'aime écrire à la main et « la papeterie c'est la vie ». Mais surtout je n'aime pas, pour mon agenda, être dépendante d'une batterie de smartphone. Si vous faites partie de ceux qui utilise leur téléphone et synchronisent leur agenda avec celui de leurs proches, très bien. Personnellement cela ne me convient pas...

Avantages du papier :

  1. Pas de batterie donc pas besoin d’électricité

  2. Si notre smartphone/ordinateur/tablette tombe en panne, on conserve toutes nos informations

  3. Écrire une donnée à la main permet de mieux « ancrer » celle-ci dans notre mémoire.

  4. On peut TOUJOURS lire ce qui est noté, même en plein soleil -que celui qui n'a jamais galérer à cause de cela me jette le premier pixel ! -.

  5. On peut laisser libre court à notre éventuelle passion pour la papeterie...

Inconvénients du papier :

  1. On ne peut ni partager ni synchroniser nos agendas avec nos proches. -d'un autre côté, un calendrier mural à la maison permet de pallier le problème.

  2. Si on fonctionne ainsi plusieurs années et que l'on aime conserver les choses, cela prend BEAUCOUP de place.

  3. Le papier est encombrant, que ce soit avec un organiseur ou un agenda, il faut le transporter en plus de son téléphone.

  4. Cela demande un investissement annuel -agenda ou recharge-. Toutefois ce souci peut être anecdotique selon le système choisi.

  5. On ne peut pas multiplier les sauvegardes, alors si on a le malheur de perdre son agenda/organiseur chéri, on risque une belle petite crise de nerfs.

Finalement c'est une question de choix. Il faut prendre le temps de réfléchir, non pas forcément à ce que l'on préfère mais bien à ce qui sera le plus efficace.

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Vous avez décidé de vous tourner vers le papier ? Très bien ! Encore faut-il choisir le support qui vous conviendra.

 

II. Trouver le bon support : un parcours du combattant ?

Il existe de multiple supports pour noter nos rendez-vous et événements. Passons-les rapidement en revu.

Le bon vieux calendrier mural :

Ici je ne parle pas de ces petits calendriers avec un chat tout mignon sur la couverture, distribués par notre facteur adoré. Non. Plutôt des outils très complets que l'on trouve dans toutes les bonnes papeteries, type Organiseur familial .

Ce système ne fonctionnera que si vous n'éprouvez pas le besoin de garder votre emploi du temps sur vous. De plus il y a un espace limité pour chaque jour, si vous désirez détailler vos tâches, le calendrier risque de ne pas vous convenir.

Notez que l'on peut très bien disposer d'un calendrier à la maison -que toute la famille pourra consulter- ET d'un agenda personnel.

Agenda :

Il en existe de tous les formats et pour toutes les bourses. Du plus sobre au plus luxueux. J'ai fonctionné des années avec un agenda : c'est pratique et facile d'utilisation. En outre l'offre nous permet de choisir en fonction de nos goûts et de nos besoins.

J'ai abandonné ce support pour deux raisons :

  • il manque de souplesse et ne s'adaptait pas assez à mon quotidien

  • cela a un certain coût puisqu'il faut en racheter un tous les ans

Organiseur :

Comme pour les agendas il existe de nombreuses tailles d'organiseurs -ces petits classeurs à annaux- : du plus petit et léger au grand format qu'on laissera sur notre bureau.

Une fois le bon format choisi, il faut encore déterminer quelle mise en page nous correspond : double-page hebdomadaire, une page par jour,...

Pour être tout à fait franche, je pense avoir presque tout essayé. Chaque année je partais à la recherche de cette pépite de papier qui s'adapterait parfaitement à mon quotidien. Une vraie chasse au dahu.

Un système a pourtant mis fin à mon errance : le Bullet Journal.

III. Le Bullet Journal

Au départ, rien de plus simple que le Bullet Journal. On prend un cahier et un stylo pour créer sa propre organisation. Pour plus d'information, vous pouvez consulter cet article.

Je reste persuadée que ce principe correspondra à tous ceux qui soupire après l'agenda parfait. Pour cela, encore faut-il se garder de tomber dans les pièges qui accompagnent le BuJo.

L'écueil de la créativité me semble le plus important. Il suffit de baguenauder quelques minutes sur Pinterest pour voir des Bullet magnifiquement décorés. À l'aide de dessins kawai, de masking tape et de tampons, certains adeptes utilisent ce système comme moyen d'expression créative. Ce qui est très bien à condition de ne pas oublier le but premier du BuJo : organiser son temps pour en gagner. À cause de ce courant, beaucoup se sont découragés d'utiliser le Bullet. Or, nul besoin de fioritures ou de couleur, on peut tout à fait se contenter d'une mise en page simple, voir minimaliste, qui laisse toute à la place au pragmatisme.

Personnellement j'utilise deux outils : un organiseur A5 qui recueille mon journal, mes listes diverses et variées, mes défis de développement personnel. Ce dernier reste à la maison, sur mon bureau.

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Mon second allier est un autre Filofax, cette fois de format personnal (95mm x 171mm) afin que je puisse l'emporter partout avec moi.

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Mes deux outils : à gauche mon agenda/bullet journal, à droite mon journal

Il joue le rôle d'agenda. J'utilise six intercalaires pour m'y retrouver :

  1. Vues mensuelles

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  1. Vues hebdomadaires

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  1. Agenda pour mes rendez-vous, événements, réunions

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  1. Une section daily que je prépare la veille pour le lendemain. En vérité elle consiste à une simple to-do list.

  2. Les listes que je veux garder avec moi et quelques feuilles vierges pour noter tout ce dont j'ai envie/besoin

  3. Mes contacts

 

Si vous avez envie de tenter le Bullet Journal, je ne saurais que vous conseiller de commencer très simple. Les décorations, illustrations et autres fantaisies se glisseront peut-être dans votre BuJo mais sans pression, au gré de votre temps libre et de vos désirs.

 

De mon côté la dimension créative me plaisait beaucoup mais s'est révélée contre-productive. Je réserve donc mes dessins, zentangles, crayons de couleur et Masking tape à mon journal intime, mon « Bullet Diary » que je vous présenterai plus en détail à l'occasion.

Et vous, ami lecteur, comment organisez-vous le quotidien ?

1 février 2018

Point ch'orthographe : les mots composés

 

Ce mois-ci dans ma boîte à outils : les mots composés

Si vous faites parti des abonnés à la newsletter -dans le cas contraire, il vous suffit de rentrer votre adresse mail dans le formulaire à droite-, vous savez que j'ai récemment bataillé avec un accord. Alors que je corrigeais un texte, je me suis heurtée au pluriel du terme « tête-à-tête ». Sans la consultation de mon ami le Bled, impossible d'être certaine de la règle. J'ai immédiatement pensé à l'Écrhistoires ! Pourquoi ne pas aborder cette histoire des mots composés ?

 

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Un mot composé : kézako ?

Mais non ami lecteur, je ne vous prends pas pour des ignares, c'est seulement que j'aime la précision alors autant commencer par le début...

Qu'est-ce qu'un mot composé ? C'est un mot nouveau que l'on a obtenu par juxtaposition de mots déjà existants. Cette juxtaposition peut se faire de plusieurs manières.

On peut souder les mots comme un gentilhomme, un marchepied ou longtemps. Il est aussi possible de les lier par un trait d'union, c'est le cas pour un chasse-neige, un après-midi, un avant-propos. À la place de la ponctuation on peut utiliser une préposition : une salle à manger, une pomme de terre, une machine à laver. Enfin on peut simplement juxtaposer les mots en question, c'est à dire les mettre l'un après l'autre tels une chaise longue, tout à coup ou un compte rendu.

 

La règle c'est la vie !

 

La règle est plutôt simple : les nom et adjectifs s'accordent. Une basse-cour deviendra donc des basses-cours. Si deux noms sont unis par une préposition, en général seul le premier nom s'accorde, tel des chefs-d’œuvre. Enfin, notez que si un adjectif a une valeur adverbial alors il ne s'accordera pas. Voyons deux exemples pour que ce soit un peu plus clair : on dira des haut-parleurs et des long-courriers.

Les verbes, prépositions et adverbes ne s'accordent pas. Cela donnera des laisser-passer et des pince-sans-rire.

Le meilleur exemple pour comprendre la règle sont les mots composés avec le terme « garde ». Lorsque ce dernier est employé comme un nom, il s'accorde : des gardes-malades, des gardes-chasses. Mais si « garde » est utilisé en tant que verbe, il ne s'accordera pas : des garde-manger, des garde-robes.

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Le Chat, de Philippe Geluck

Quand la règle s'emmêle : les cas particuliers

Dans notre belle mais tortueuse langue française, il y a toujours des exceptions. Et ouais... Déjà le sens peut jouer et imposer un pluriel dans un mot composé au singulier. Dans un porte-bagages, la logique veut que l'on mette plusieurs sacs ou valises... Le contraire existe aussi. Ainsi dans des timbres-poste, la préposition « pour » (des timbres pour la poste) est sous-entendue.

Encore plus fort avec cette histoire de sens, on dit des pot-au-feu car on mettra des légumes dans UN pot sur LE feu. Après explication cela semble logique mais, franchement, j'ai tendance à l'oublier pendant que j'écris.

Enfin, une petite règle à se rappeler : le premier mot d'un mot composé se terminant par la voyelle -O ne s'accorde pas. On dira des primo-arrivants et des auto-écoles.

 

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Les mots-composés sont des petits fourbes mais si on garde quelques éléments en tête, on devrait s'en sortir. Et en cas de gros doutes, il suffit d'aller interroger notre pote monsieur Larousse...



Et vous, amis lecteurs, existe-il un point de la langue française que vous auriez besoin de réviser ?

 

30 décembre 2016

Programme gratuit : « L'écriture en 28 jours... »

 

 

  Pour suivre le programme « Se (re)mettre à l'écriture créative en 28 jours », pour cela rien de plus simple :

 

  1. Si ce n'est déjà fait, inscrivez-vous à la newsletter de l'Écrhistoires

  2. Inscrivez-vous dans les commentaires ou par mail (emiliecognac@ecrhistoires.fr)

 

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La première session de ce programme aura lieu du 03 au 30 avril. Chaque matin, vous recevrez directement dans votre boîte mail un énoncé simple d'écriture, à la portée de tous.

 

Au terme de ce programme :

 

  • vous vous serez progressivement habitué à écrire tous les jours, au moins sept minutes.

  • Vous aurez produit le premier jet d'une histoire. À vous par la suite de décider si vous avez envie de la développer.

 

Vous continuerez ensuite -si vous ne mettez pas fin à votre abonnement- à bénéficier du contenu exclusif de la newsletter.

 

Le programme prend très peu de temps : pas plus d'une minute la première semaine, trois minutes la deuxième, cinq minutes la troisième et sept minutes la dernière. Une manière simple, ludique et accessible de se (re)mettre à l'écriture. Vous écrivez déjà régulièrement ? Rien ne vous empêche de nous rejoindre pour vous amuser !

 

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster en commentaires ou à me contacter directemen (emiliecognac@ecrhistoires.fr).

 

 

 

                   Prêt à faire ce petit pas en ma compagnie ?

 

18 janvier 2018

Madie – Mercier, Filippi et Raymond

 

Genre : Roman graphique

Pays : France

Date de publication : mars 2013

Maison d'édition : Casterman

Collection : KSTR

Prix : 15 euros

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Résumé : De nos jours, à Lunéville dans l’est de la France, Madie jouit d’une existence apparemment satisfaisante et épanouie, entre son métier de médecin généraliste, le couple qu’elle forme depuis sept ans avec son compagnon Édouard et les amis qui les côtoient depuis de nombreuses années. Mais lorsqu’elle apprend que son ancien amour de jeunesse, Frédéric, que tout le monde pensait mort, est en fait bien vivant, Madie se laisse submerger par une crise existentielle comme elle n’en avait encore jamais connue…

 

La chronique précédente de cette catégorie concernait déjà une « BD ». Curieux, car mes incursions dans ce genre littéraire restent non seulement récentes mais timides... J'avoue que le début de cet intérêt balbutiant coïncide avec l'ouverture d'un magasin de déstockage près de chez moi. Il faut dire que les BD et romans graphiques pêchent par leur prix. Et puis je n'y connais pas grand chose. Alors les dégotter pour un prix modique me permet de « m'initier » en douceur. Bref, c'est ainsi que j'ai déniché l'ouvrage qui nous intéresse aujourd'hui...

 

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Mon Avis

 

L'histoire de cette Maddie m'a touché plus que prévu. Cette chronique de mœurs, douce et amère, commence par un enterrement où se retrouvent plusieurs amis, dont notre héroïne. Une absence est au centre des émotions de la jeune femme : celle de son amour de jeunesse, mort depuis longtemps et fils de la défunte. Peu après cette triste journée, Madie apprend que ce dernier serait toujours vivant.

Les secrets de famille, le couple, la mort, l'absence, la quête de soi... Ce roman graphique aborde nombre de questions qui me touchent particulièrement. J'ai aimé les dessins assez simples et la subtilité de l'errance de Madie. Pourtant cette lecture ne m'aura pas totalement satisfaite. J'ai trouvé que le parcours de la jeune femme manquait un peu de profondeur, on effleure beaucoup là où j'aurais aimé qu'on explore...

Cela restera toutefois un moment plaisant qui m'encourage à continuer d'explorer le genre.

 

Dites... Vous savez quelle est la différence entre roman graphique et bande dessinée ?

 

24 août 2017

05 « révélations » sur l'écriture et moi

 

Alors que les vacances s'apprêtent à laisser place à l’effervescence de septembre, avec sa cohorte de contraintes et de déplaisirs, j'ai eu envie de publier un article un peu superficiel. Une bafouille légère et égocentrique. Depuis le début de l'Écrhistoires -à part sur ma présentation- j'ai rarement parlé de moi. Alors pourquoi ne pas prendre quelques instants pour faire quelques confidences sur ma personne ?

  1. Comment je suis tombée dans l'écriture

Avec pour thème l'écriture sous toutes ses formes, la première information à vous livrer allait de soit : comment ma passion est née...

Cette relation intense et merveilleuse date de mon enfance, du CM1 pour être précise. J'avais donc neuf ans et j'ai écris un poème. Quelques lignes avec de mauvaises rimes... Les sensations expérimentées alors ont « scellé » mon destin. Comment décrire cet instant crucial ? Ce n'était pas un simple instant de plaisir ou de joie. C'était une sensation presque spirituelle, l'impression de voler, de planer intellectuellement. Se transcender soi-même par la force si modeste de quelques mots. Depuis, je suis sans cesse à la recherche de cet instant de grâce -que je revis régulièrement en écrivant-, ce moment divin où tout n'est qu'harmonie en moi : « je suis à ma place, là, en train d'écrire ces mots qui me semblent faire partie de moi ».

  1. La papeterie...c'est la vie !

Cette courte phrase pourrait figurer sur ma tombe tant je suis une fanatique de tout ce qui touche à la papeterie. Carnet, organiseur, stylo, papier, cahiers... Mon système d'organisation quotidien reflète cette monomanie, il faudra d'ailleurs que je vous en parle plus dans le détail à l'occasion.

 

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  1. Les jeux vidéos : une source d'inspiration

Je vous en parlais récemment, la musique tient une place de choix dans mon processus créatif. Et j'évoquais rapidement la possibilité d'écouter des OST de jeux vidéo pour s'inspirer. Mais pas seulement... Je fais partie de la génération qui a grandi avec les consoles, la Megadrive d'abrod puis la Playstation à l'adolescence. L'univers des jeux vidéos a nourri mon imagination et donc mon écriture.

  1. L’œil de Sauron l'écrivain

Je suis écrivain. Ce n'est pas un métier mais un trait de mon être le plus profond. Peu importe où et avec qui je me trouve, je reste écrivain. Cette aspect de ma personnalité colore mon quotidien pour le meilleur....et pour le pire. Prenons le plaisir d'un film ou de suivre une série... Impossible de me défaire de mon « œil d'écrivain » ! Il y a toujours une part de moi qui examine la structure narrative du récit ou l'écriture des dialogues. Avec le temps j'ai compris que je devais garder mes réflexions pour moi : elles avaient la fâcheuse tendance à agacer mes compagnons de visionnage. Les pauvres...

  1. Je vais très bien....merci

Bien que je sache désormais taire mes analyses cinématographiques, mes proches ne sortent pas indemne de ma tumultueuse activité. Il arrive fréquemment que je pose les questions les plus incongrus : « Quel arbre est le plus commun dans les forêt de Bretagne ? » ou « Comment on dit « ma chérie » en grec ? ». Cette manie n'est pas très gênante même si elle sucite parfois quelques ricanements. Le problème survient quand j'écris des scènes « violentes ». À ce moment-là mes interrogations prennent une tournure inquiétante pour qui me connait mal. Du genre : « Quel bruit fait un corps qui tombe du huitième étage ? », « Est-ce que l'on peut vraiment dissoudre complètement un cadavre dans l'acide. »

Je ne vous parlerais même pas de mes recherches internet (Comment fabriquer un explosif avec détonateur) qui, si j'étais américaine, provoquerais la visite très officielle d'agents du gouvernement -oups-.

Voilà pour ces quelques confidences sur mon rapport à l'écriture... Cela ne fera pas la couverture de Gala mais je suis contente de me dévoiler un peu.



Avez-vous des manies liées à une passion ?



26 février 2016

Qui je suis...

 

 

 

     Tout d'abord bienvenue et merci de prendre le temps de vous arrêter sur l’Écrhistoires, mon espace sur Internet... Laissez-moi me présenter convenablement !

 

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     Je m'appelle Emilie Cognac et ma passion est de vous faire écrire.

 

Comment ça ?

 

    Depuis de longues années ma vie tourne autour des mots et j'ai acquis deux convictions profondes :

 

  • l'art de l'écriture demande des techniques qui peuvent s'apprendre

  • l'écriture peut être créatrice : de bien-être, d'harmonie, de mieux vivre.

 

     Dès lors, je n'ai plus eu qu'un rêve : aider les autres via l'écriture. Que ce soit en leur permettant d'explorer leur capacité à produire un texte ou en leur montrant comment ils pouvaient transformer leur vie par l'écriture.

 

Pourquoi cet espace ?

 

     En réalisant ce rêve, je me suis rendu compte que j'avais envie de partager quelques unes de mes découvertes. J'ouvre donc ce lieu dans l'espoir que l’Écrhistoires devienne un endroit chaleureux où vous pourrez trouver de l'inspiration, des trucs et astuces, des pistes de réflexion,... et tout cela autour de ce thème si cher à mon cœur : l'écriture. Avec bienveillance et bonne humeur.

 

Envie d'en savoir plus ?

    

     Si cet espace vous plaît, que vous avez envie d'en savoir plus sur moi ou d'accéder à du contenu exclusif, n'hésitez pas à vous abonner à ma newsletter (formulaire dans la colonne de droite)...

 

 

10 mai 2017

Consigne d'écriture n°4 - « Lettre d'un objet »

[Maj' du 10 mai] Suite à des soucis techniques je n'avais pas reçu la contribution d'Eerylin, je rajoute donc sa contribution : merci à elle. Si tu es dans le même cas, n'hésite pas à m'envoyer ton texte ( ecrhistoires@gmail.com ) que je rajouterais dans les plus brefs délais...

La consigne

 

Donner une voix à un objet... Celui-ci écrira une lettre à son propriétaire.

 

Ma contribution

 

Cher petit humain,

 

 

 

Dans la pénombre, à la lueur de la lune à demi pleine, je me résous enfin à prendre le stylo pour t'écrire. Cinq années. Il m'aura fallu cinq années, soixante mois, une multitude de jours -et de nuits- avant d'en arriver à cette extrémité.

 

Plus jeune, en compagnie de mes semblables, dans le rayon propre du magasin, j'imaginais mon avenir. Lorsque, enfin, un client sensible à mon charme moelleux m'aurait arraché au temple mercantile de mon innocence. Pour t'avouer la vérité, je m'impatientais. Déclarant à mes camarades pastels : « Vivement qu'on m'achète, je n'en peux plus ! ». Des rêves peuplés de nourrissons à l'odeur de coton frais berçaient mon sommeil. Je me voyais déjà : cible d'un amour inconditionnel, objet transitionnel ultime, trésor d'enfance et de tendresse.

 

Après une interminable attente, un homme -cheveux clairsemé, barbe fournie et sourire ému- m'a libéré. J'ai rejoint un berceau. Ton berceau. La première année, ce fut sublime. Chacune de tes siestes me surprenait à me blottir contre ta peau satinée, fasciné par les changements rapides qui s'opérait sur tes traits. De fripés, ils se remplirent d'amour pour devenir des courbes d'une rondeur franche. Je ne nierai pas les obstacles que nous avons franchi ensemble : l'odeur de lait caillé, la bave gluante de tes poussées dentaires, l'arc-en-ciel de purées pestilentielles. Mais un seul de tes rires, un seul de tes câlins, un seul de tes regards clairs et j'oubliais ces quelques désagréments.

 

Même lorsque tu as grandi, mon courage n'a eu d'égal que notre adoration mutuelle. Parfois tu me maltraitais un peu, toutefois, tu finissais toujours par me serrer dans tes bras de plus en plus forts. Je t'aimais tant que la deuxième année m'a semblé aussi paradisiaque que la première. Tes petites brutalités passaient encore pour des maladresses. Et puis tes parents semblaient plein de confiance : « Il est en pleine crise des deux ans ! Ça lui passera ! ». Aveuglément, je les ai cru.

 

Au fil des mois, hélas, les maltraitances ont véritablement commencé. Une frustration ? Tu me jetais contre un mur ! Un jouet qu'on te refusait ? Tes petits poings serrés martelaient mon tissu. Bien sûr, après chacun de tes éclats, tu t'empressais de me couvrir de prévenance et me suppliais de te pardonner. Parfois tu parvenais à me faire croire que c'était ma faute. Si tu t'emportais, c'est parce que je n'étais pas à la hauteur ! Les bourreaux sont tous les mêmes : à nous traiter comme des Dieux pour nous rendre dépendants avant de nous dévaloriser insidieusement, jusqu'à ce qu'on disparaisse au fil des coups.

 

Cette situation, où de doudou je suis devenu chiffon, aurait pu durer jusqu'à ta majorité. Mais est venu le Grand Chamboulement : instants d'angoisse où tu m'emmenais dans un grand bâtiment froid pour me jeter au fond d'une boîte. Comme un rebut. J'ai vécu dans la peur, mon cœur martelant ma terreur au rythme de chants guerrier interprétés par d’innombrables petits humains :

 

La bergère en colère,

 

Et ron, et ron, petit patapon,

 

La bergère en colère,

 

Tua son p'tit chaton, ron ron,

 

Tua son p'tit chaton.

 

Bien heureusement, je bénéficiais du soutien des autres laissés-pour-compte. Là, à force de confidences, nous avons découvert que nos sorts étaient semblables. Tous esclaves de la Tyrannie ! Malgré cela, j'ai continué à t'aimer. Implorant le ciel que tu redeviennes l'ange que tu fus autrefois.

 

Pourtant ce matin, la coupe a débordé ! Quand ta mère t'a questionné : « Tu ne prends pas Doudou ? », tu n'as même pas eu la bienséance de chuchoter ta réponse, « J'suis un grand maintenant » ! Tu es parti en riant, me laissant abandonné sous ton lit.

 

Je ne nie pas mes sentiments, cinq ans d'amour ne disparaissent pas du jour au lendemain... Je n'en peux plus alors je pars. Plutôt l'errance et la rue, plutôt le vide-grenier ou la déchetterie, que cette lente descente aux enfers à te regarder me dés-aimer un peu plus tous les jours.

 

Adieu

 

Ton Doudou qui t'aura tant aimé...

 

Contribution d'Eerylin

 

Chère toi,

 

 

 

Si je t’écris aujourd’hui c’est que la situation a assez duré.Je t’ai entendue tu sais, me traiter d’antiquité du moyen-âge. J’ai peut-être un peu d’ancienneté mais je ne suis pas sourde, ni d’ailleurs la seule à avoir des années au compteur. Où sont tes bonnes résolutions de fin d’année, celles qui faisaient frissonner mon levier de vitesses ?  Tu m’avais promis des escapades comme au bon vieux temps, juste toi et moi. Mais tu es comme mon pneu arrière, tu te dégonfles sans arrêt. Tu ripailles, tu fais bombance et finalement tu t’affales sur ton canapé en m’oubliant. Arrête donc de patiner dans la semoule, de t’occuper de tout et surtout de rien, lâche ton écran d’ordinateur. Tu sais, prendre l’air c’est revenir à l’essentiel alors ne te braque pas et partons au hasard, retrouvons le goût du pédalage, des moucherons et de l’effort. Profitons à nouveau de l’instant et comme dit le grand philosophe Forest Gump qui en connaît un rayon, la vie et le pédalage quotidien, c’est comme une boîte de chocolat, tu ne sais jamais vers quel chemin cela te mènera. Ce que je peux te garantir en revanche, c’est que ce sera une aventure à te couper le souffle. Que penses-tu d’aller chercher du pain pour commencer ??

 

 

 

Signé,

 

ta pauvre bicyclette...

 

 

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28 avril 2018

Consigne d'écriture n°23 - «Un sonnet »



La consigne

 

Écrire un sonnet

 

Mon texte

 

J'ai choisi d'écrire un sonnet élisabéthain.

 

Vos victimes

Vous dites que nous sommes détruits
Que nous grandissons privés de nos ailes
Que nous buvons nos viols jusqu’à la lie
Que les nuages assombrissent notre ciel
Ma jupe trop courte et mon maquillage
Ou bien ma mauvaise réputation
Sachent vos larme, apaisent votre rage
Victime seulement sous vos conditions

Vous pensez dent pour dent et œil contre œil,
Bien haut, vous fustigez toute indulgence
Et ne comprenez pas que je ne veuille
Pas du tout m’abîmer dans la vengeance

Cessez donc vos litanies larmoyantes
Car c'est moi qui décide ce qui me hante

 

26 avril 2018

Sommaire - Écriture créatrice

L'écriture et soi-même

Le piège des bonnes résolutions - ces ribaudes -

S'épargner le poids des bonnes résolutions et plutôt s'aimer un peu mieux

Écrire pour faire place

De quelle manière l'écriture peut donner plus de place à ce qui compte pour vous ?

L'écriture pour gérer son passé...

Comment l'écriture permet de cicatriser nos blessures.

Et si on arrêtait de se maltraiter ?

Notre plus grand ennemi : nous-même

L'acceptation, une notion mal comprise ?

Qu'est-ce que l'acceptation et dans quelle mesure elle est un élément essentiel au bonheur ?

 

L'écriture et les autres

Exprimer sa gratitude

Quoi ? Pourquoi ? Comment ?

 

La créativité

Le talent et la sueur...

Quel est la place du travail dans le travail artistique.

La musique, un allier pour créer ?

La place de la musique dans le processus créatif

L'étrange monde du coloriage pour adultes...

Un outils de « pleine conscience » et de créativité.

La créativité est à tout le monde !

Car elle ne concerne pas seulement les « artistes »...

 

L'écriture et le futur

L'écriture : se projeter pour se révéler

L'écriture comme laboratoire aux rêves et aux projets !

Des rêves sur papier

Mieux définir et projeter ses rêves...

 

S'organiser

S'organiser pour se libérer

Comment une bonne organisation peut vous libérer du temps...et la tête

Débuter un Bullet Journal

Une méthode d’organisation complètement personnalisable !

 

La pratique du journal intime

5 (très) bonnes raisons de tenir un journal intime

Pourquoi tout le monde devrait au moins s'essayer à cette pratique...

Le Journal Visuel et autres formes de journaux intimes

Trouver la forme de journal intime qui vous correspond

Tenir un journal intime - comment ?

Journal intime : mode d'emplois

 

1 mars 2018

Sommaire - Écriture créative



Inspiration et créativité

Écrire : les trois clefs de l'inspiration

L'inspiration s'entretient ! Trois éléments pour y parvenir.

Écriture, LA clef universelle

L'activité indispensable à tous ceux qui désirent écrire...

Mes astuces pour «entrer en écriture »

Des astuces pour les jours où l'écriture ne va pas de soi...

Du bienfait des rituels sur la créativité...

Car un rituel peut convoquer l'inspiration...

L'écriture avec l'Art du Kaizen

Une méthode pour commencer à écrire. Tout en douceur...

Descriptions

Fonctions des passages descriptifs

Tout sur le rôle que peuvent prendre les descriptions...

 

Les personnages

Personnages : dix éléments indispensables

Les fondamentaux pour construire un personnage

Les émotions de vos personnages

De quelle manière montrer les émotions de vos personnages ?

 

Écriture de genres

Voyage en poésie : le Haïku

Initiation à la poésie japonaise

5 règles pour écrire une -bonne- scène de sexe

De l'art délicat du sexe dans une fiction

 

Les dialogues

Dialogues et réalisme

Les dialogues doivent-ils ressembler à la réalité ?

Verbes de parole : utilité et limites

L'introduction des dialogues par un verbe de parole, une question d'équilibre

Habiller ses dialogues

La typographie des dialogues



Premier jet

Premier jet : ma méthode en 5 points

Comment écrire la première version d'un texte ?

Les Tuto

Écrire une histoire pas à pas

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 3/3

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 2/3

Le tuto du stylo - Écrire une histoire 1/3

 

 

Correction

Point ch'orthographe : les mots composés

Comment accorder les mots composés ?

Point ch'orthographe : les adjectifs de couleur

Le pluriel des adjectifs de couleur

Outils d'écriture

Dans ma boîte à outil : la montre et le ciel

Tout sur la chronologie et la météo

L'écriture, mauvaise pour la santé ?

Comment se ménager lorsque l'on écrit beaucoup ?

La plume et le clavier : un duel à l'aube ?

Écrire à la main ou à ordinateur.

Les dictionnaires : les alliés de tous

Les dictionnaires lorsque l'on écrit

Du bon usage du dictionnaire des synonymes

Petits conseils concernant l'utilisation du dictionnaire des synonymes

 

Généralité sur le style

Les verbes faibles, un problème ?

Les verbes faibles : définition et utilisation

Gros mots, grossièretés et autres jurons

La place des grossièretés dans l'écriture créative

 

Créer une mythologie

Inventer une langue pour une fiction

 

25 février 2016

Travailler avec moi

Travaillant sur le secteur d'Ambérieu-en-Bugey, dans l'Ain (région Auvergne-Rhône-Alpes), je propose des ateliers de groupe aussi bien que du suivi personnalisé.

Si vous résidez trop loin mais que vous désirez bénéficier de mes compétences, un suivi à distance peut être envisagé. N'hésitez pas à me contactez via cet espace ou directement par mail (ecrhistoires@gmail.com)

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